CITATIONS ILLUMINÉES PAR LA LAMPE DE PROUST

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Au mois de février dernier, nous nous sommes amusés à découvrir le lien entre la littérature, la décoration intérieure et les objets dont nous nous entourons dans la vie de tous les jours, dans la série de romans de Francine Ruel (voir FRANCINE RUEL ET LE FENG SHUI À LA QUÉBÉCOISE).

Je pense que Serge Sanchez, dans son très joli livre, a amené ce thème sur un terrain plus enchantant, tissant une toile littéraire riche et détaillée (voir LA LAMPE DE PROUST).

Voici une sélection faite à partir du florilège de citations qui concluent chacun des chapitres du livre de Sanchez (la sélection est la mienne):

Du chapitre : « Propos d’ameublement »

(p.36) « Il se sentit triste comme une maison démeublée »  (Gustave Flaubert)

« C’est le jour où l’on voit passer dans des carrioles des déménagements de lits, de fer et de tables boiteuses, entassés les pieds en l’air, avec les matelas éventrés et la batterie de cuisine. Et pas même une botte de paille pour emballer tous ces pauvres meubles estropiés, douloureux, las de dégringoler les escaliers crasseux et de rouler des greniers aux caves! »    (Alphonse Daudet)

(p. 37) « Le lit fait, la maison a bonne conscience. »   (Marcel Jouhandeau) N°384_lit_baldaquin_ateliers_allot_frères

Du chapitre : « Cœurs électriques »

(p.55)  « En regardant brûler la chandelle, ils se demandaient si la lumière est dans l’objet ou dans notre œil. Puisque des étoiles peuvent avoir disparu quand leur éclat nous arrive, nous admirons, peut-être, des choses qui n’existent pas. »   (Gustave Flaubert)

(p.56) « Ma bougie allait s’éteindre lorsque tout à coup, au milieu de cette lumière vacillante, je vis s’ouvrir l’œil jaune stupide de la créature. »  (Mary Shelley)

« Songes. Leur lanterne est magique. »    (Jean Joubert)

Du chapitre : « L’Homme-chaise et le cousin du tambour »

(p. 86) « Une petite fille sauta d’un banc, brusquette, comme un oiseau s’envole d’une branche. » Henry de Montherlant

« Le canapé de Pamela

Le Panapé de Caméla

           La Panala de Camépé »    

(Robert Desnos)

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« La chaise reine entre les reines, l’Électrique. »  (Loys Masson)

« Sur un banc triste aux yeux de pluie

C’est d’une blonde

Rosse  et gironde

Que je m’ennuie

Dans ce cabaret du Néant

Qu’est notre vie »      

                                                                                        (Léon-Paul Fargue)

Du chapitre : « Littérature au vestiaire »

( p. 100)  « C’était une de ces femmes qui rentrent chez elles avec leur corset dans leur manchon. »   (Victor Hugo)

                                                            Une fois, j’ai fait le vœu d’un manteau

creekportant un homme à l’intérieur.

L’homme dormait,

et quand il s’éveilla

il avait le manteau sur le dos!

C’était l’été, alors beaucoup de gens lui demandèrent :

« Pourquoi portes-tu ce manteau? »

« C’est lui qui me porte » répondit-il.

 (Légende des Indiens Cris)

 

Du chapitre: Madame Bovary de la Mancha : couvre-chefs

(p.122) « Quelqu’un de la foule tapa si bien sur le melon de Chevéïk que ses oreilles y disparurent. »

  (Jaroslav Hašek)

(p.123) « LÉONTINE. ― Il avait perdu la tête!

DUCHOTEL. ― C’est juste, il n’avait que faire de son chapeau. »  (George Feydeau)

« Ne voyez-vous pas dans le chapeau haut de forme quelque chose de sombre et de surnaturel?…une sorte de 220px-Dandys_1830météore ténébreux? »     (Stéphane Mallarmé)

(p.125) « Un ouvrier en laine, ambitieux et criblé d’enfants par une femme trop aimée, croit à la République. Mon gars achète de la laine rouge, et fabrique ces casquettes en laine tricotée que vous avez pu voir sur la tête de tous les gamins de Paris. »  (Honoré de Balzac)

« Ah, le chapeau! Ce couronnement de l’édifice! »  (Bertall)

Du chapitre: Avatars de la sandale

p.140   « Ce bruit charmant des talons qui résonnent sur le parquet ―clic !  clac! ― est le plus joli thème pour un rondeau. » (Johann Wolfgang von Goethe)

« C’était un vieux soulier, sale, ignoble, effrayant,

Éculé du talon, bâillant de la semelle,

Laid comme la misère et sinistre comme elle;

Qui jadis fut sans doute usé par un soldat,

Puis, chez le savetier, bien qu’en piteux état,

Fut à quelque rôdeur vendu dans une échoppe;

Un de ces vieux souliers qui font le tour d’Europe

Et qu’un jour, tout meurtri, sanglant, estropié,

Le pied ne quitte pas, mais qui quittent le pied. »      (François Coppée)

(p.141)   « Quand l’empereur Napoléon chaussait ses grandes bottes, ce n’était jamais pour rien. »

(Jacques Boucher de Perthes)

VieuxSouliersAuxLacets_K450(p.142)    « Leurs mains se serrèrent;  la pointe de sa bottine s’avançait un peu sous sa robe, et il lui dit, presque défaillant :

―La vue de votre pied me trouble. »    

   (Gustave Flaubert)

Du chapitre: La grande muraille du crime

(p.161)   « Et supposez qu’il y ait entre Edmond et Mercédès les murailles d’une prison, ils seront séparés ni plus ni moins que s’il y avait la pierre d’une tombe. »   (Alexandre Dumas)

(p.162)    « Le temps fuit à la vitesse de chevaux de course lancés au galop et qu’on ne fait qu’entrevoir à travers une fente de la palissade. »  (Anonyme)

« Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié, ―tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque, soudain se fit un heurt, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre,―cela seul et rien de plus. »

                                                                                                                                                (Edgar Allen Poe)

(p.163)     « La raison humaine regarde toujours au travers d’interstices. »     (Eugenio d’Ors)

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Du chapitre: Mots tailleurs de pierre

 (p.185)      « J’eus un rêve, le mur des siècles apparut.

                     C’était de la chair vive avec du granit brut,

                     Une immobilité faite d’inquiétude. »          (Victor Hugo)

( p.186)   « Nous parlons du caillou comme s’il était sourd,

                     Mais il vit; quand il chante, une étincelle court. »         (Germain Nouveau)

« Adorer une pierre noire parce qu’elle est tombée du ciel peut ne pas être tout à fait sage, mais c’est à mi-chemin de la sagesse, qui est d’adorer le ciel même. »      (John Ruskin)

« Ainsi, dans les profondeurs de la mer, la pierre végète, se meut, s’anime, et des myriades d’architectes y construisent  les aiguilles fatales contre lesquelles viendront se briser d’imprudents vaisseaux. » (Louis Reybaud)

(p.187)

 « L’énorme écume échevelait toutes les roches. »      (Victor Hugo)6738730_vague

 Ces citations proviennent de:

Serge Sanchez, La Lampe de Proust et autres objets de la littérature, Payot, août 2013, 208 pages

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