Ah…Ces « SOUPERS DE FILLES » !

Alors qu’elle était déjà dans la trentaine, divorcée et mère de deux enfants, l’auteure, journaliste et chroniqueuse Pascale Wilhelmy entrait, pour la première fois, dans un cercle d’amitié qui s’est construit autour du rituel des « soupers de filles ».

Les guillemets sont les miens. Parce qu’en fait, je pense qu’en général, cette façon d’être présentes les unes aux autres, nous, les femmes, ne la découvrons pas lorsque nous sommes « filles », mais plutôt à la manière de Pascale Wilhelmy, c’est-à-dire une fois les études terminées, la vie d’adulte bien consolidée, les enfants arrivés au cœur de notre existence. Il me semble que c’est vraiment à ce moment-là que le besoin criant de solidarité, d’écoute féminine et de partage de confidences se fait sentir comme jamais auparavant. Mais je me laisse sans doute influencer par ma subjectivité, mon propre vécu, puisque ces soupers de filles auxquels participe l’auteure depuis plus d’une dizaine d’années incluaient, au départ, de jeunes femmes en début de carrière, sans enfant et, pour la plupart, sans partenaire de vie—sans chum—stable. C’est sans doute en raison du fait que ces amitiés se sont forgées au travail, alors qu’elles participaient toutes les six à la production de l’émission Star Académie.

C’est cette expérience de sororité que l’auteure a voulu traduire en fiction, dans un roman qui frôle l’autobiographie et au début duquel elle explique :

« Il y a de nous dans ce livre. Des moments, des vérités. Des histoires inventées. J’ai combiné ce qui s’est vraiment produit, ce qui a failli se produire, ce que j’ai imaginé aussi. Des six [dans la vraie vie de l’auteure], nous sommes passées à cinq dans ces pages. Les unes, les autres, j’ai emmêlé nos défauts, nos qualités. Du moins, j’ai essayé. Très fort. »

 Dans le livre comme dans la réalité, les filles du groupe se sont donné une appellation, le sobriquet Les Gonzelles, une fusion des mots gonzesses et gazelles (on a dû beaucoup rire ce soir-là). Chez Les Gonzelles, parfois on se reçoit, parfois on sort, selon les humeurs et l’occasion.

Pascale Wilhelmy

Avec sa plume directe et désinhibée s’exprimant à travers de courts chapitres, l’auteure nous plonge dans ces soirées dont l’organisation est parfois aussi compliquée qu’un G7, et qui se concluent rituellement avec une photo de groupe. Que ce soit pour une sortie du 31 décembre ou une soirée jeux ; que ce soit pour planifier leur participation à une manifestation contre les coupes indécentes du gouvernement dans les revenus d’aide sociale ou pour accompagner l’une d’elles suivant la mort d’un animal de compagnie chéri ; que ce soit pour parler de la maternité, de tout ce qu’elles détestent de leurs propres corps, ou des où-quand-comment et avec-qui du sexe (en exigeant des détails !), les Gonzelles partagent et se révèlent.

Soupers de Filles interpellera un grand nombre de lectrices. Comme l’explique Pascale Wilhelmy :

« Avec ce livre, je voulais rendre hommage aux femmes d’aujourd’hui, qui sont des mamans, des amantes, des travailleuses, qui réussissent aussi, malgré des horaires de fou, à trouver du temps pour cultiver des amitiés. Je pense que c’est quelque chose qui ne se faisait pas autant avant, et qu’on a de plus en plus besoin de faire si on veut être en accord avec la vie des femmes autour de nous. »

La beauté du rituel des soupers de filles, c’est qu’il perdure, témoignant ainsi des vertus de l’amitié féminine. Je ne sais pas ce que je serais devenue sans mes amies Lise et Loulou que j’ai rencontrées lorsque nos enfants étaient au primaire. Ensemble, nous avons créé nos propres traditions (moins épicées que celles des Gonzelles, mais pas moins précieuses), le plus souvent conclues par un repas partagé.

 

« Un souper de filles, c’est sacré. Quand on le fait, on ne le regrette jamais. Je voulais montrer à quel point c’est stimulant, que ça fait du bien, que c’est la plus belle des thérapies. »

-Pascale Wilhelmy

Pascale Wilhelmy, à droite

NOTES AUX LECTEURS

L’un des points de contact de l’auteure avec ses lectrices est son blogue, Le Beau/Le Bon/le Bien, où elle a interpellé ses lectrices, cherchant à savoir si elles avaient, elles aussi, donné un nom à leur groupe. Voici un échantillon des commentaires reçus :

 « Oh oui, je fais partie moi aussi d’un groupe, on s’appelle les Cocottes de Banlieue, on se fait des diners, des soupers, des sorties. On a énormément de plaisir. On se connait depuis presque 30 ans, et on s’aime encore et toujours plus.
La vraie et pure amitié!!!!! »

****

« J’ai des groupes d’amies ou nous avons tous le même nom: Souper de Sacoches et à chaque fois ce sont des moments de tendresse, d’amour et de délire.
J’adore mes amies. »

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« Les soupers de filles…. pour moi c’est essentiel! Un moment de partage, où on peut juste être soi, rire et parfois même pleurer. On se remémore toujours de bons moments, et le temps passe trop vite! J’ai plusieurs groupes d’amies pour partager ces beaux moments… dont un qui s’appelle Les fleurettes (on a la larme facile!!). […] »

****

« Ma gang de filles…on est 7. Les Dancing Queens! Pour la chanson et parce qu’on a 53 et 54 ans! Amies depuis le primaire pour certaines d’entre nous et depuis le secondaire! Des soupers de filles, mais aussi avec nos conjoints qui s’entendent tous bien. Nos Kings! Et un voyage à Cuba pour nos 50 ans! Mémorable! […] »

 

Autres romans de Pascale Wilhelmy :

 

 

 

 

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